Interpellé le 12 décembre 2025, au lendemain du coup d’État déjoué du 7 décembre, l’ancien ministre a été placé sous mandat de dépôt quelques jours plus tard par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Selon l’un de ses avocats, il est poursuivi pour « complot contre l’autorité de l’État et provocation directe à la rébellion ».
Dans son communiqué, la famille qualifie l’arrestation d’« enlèvement crapuleux » et évoque une « détention assimilable à une prise d’otage ». Aaron Azannaï affirme que son père, âgé de 67 ans, serait détenu « dans des conditions inhumaines et dégradantes », évoquant une privation des conditions minimales d’hygiène, de repos et de dignité. Il soutient également qu’il ne disposerait pas d’une cellule réglementaire.
La famille indique qu’une demande formelle d’accès à un médecin aurait été adressée au procureur spécial, sans suite favorable à ce stade. L’état de santé de l’ancien ministre délégué à la Défense nationale est présenté comme fragile et nécessitant un suivi médical régulier.
Le communiqué énumère par ailleurs plusieurs griefs relatifs à la procédure judiciaire. Selon la famille, aucune accusation claire n’aurait été notifiée, aucune preuve présentée, aucune comparution devant un juge organisée et aucune date de procès communiquée. Des éléments qui, selon les proches de l’ancien collaborateur du président Patrice Talon devenu opposant, soulèvent de sérieuses préoccupations sur le respect des garanties procédurales.
Les Azannaï affirment ne réclamer « ni privilège, ni faveur », mais le strict respect du droit, rappelant le principe de la présomption d’innocence consacré par la Constitution béninoise, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Au-delà du cas individuel, la famille estime que cette situation s’inscrirait dans un contexte plus large de restriction des libertés publiques et de répression des voix dissidentes. Elle évoque des arrestations arbitraires, des détentions abusives et des procédures judiciaires jugées opaques visant, selon elle, des citoyens, journalistes et acteurs politiques.
Dans son appel, la famille dit craindre pour la santé et la vie de Candide Azannaï. Elle sollicite l’attention des organisations internationales de défense des droits humains, des médias nationaux et internationaux, des organismes onusiens et régionaux compétents ainsi que des représentations diplomatiques. Les proches de l’opposant demandent soit sa libération, soit sa présentation rapide devant une juridiction compétente, l’accès aux soins médicaux et la garantie d’un procès équitable, public et transparent.
« La justice ne saurait être instrumentalisée à des fins politiques », conclut le communiqué, qui s’interroge sur le silence entourant l’affaire et appelle au respect strict des droits fondamentaux.