
Le Conseil de sécurité des Nations unies a examiné, le 9 juin 2026 à New York, la situation sécuritaire et politique en Afrique centrale. Si l’ONU salue certaines avancées institutionnelles dans la sous-région, elle alerte sur l’aggravation des crises sécuritaires, l’impact du conflit au Soudan et le recul des libertés publiques dans plusieurs pays.
Réunis au siège des Nations unies à New York, les membres du Conseil de sécurité ont analysé le dernier rapport du secrétaire général António Guterres consacré à l’Afrique centrale. Présentant les conclusions du document, la sous-secrétaire générale chargée de l’Afrique, Martha Pobee, a mis en avant les progrès enregistrés dans plusieurs États grâce à la tenue d’élections importantes et à la poursuite de réformes institutionnelles. Elle a notamment salué le rôle croissant de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) dans les efforts de consolidation de la paix et de stabilité régionale. Son nouveau plan stratégique de lutte contre les drogues et la criminalité transfrontalière a été présenté comme l’un des signes encourageants pour l’avenir de la sous-région. La France a également mis en avant les avancées enregistrées dans la coopération climatique, tout en appelant au renforcement des mécanismes d’alerte précoce et de résilience communautaire.
Malgré ces progrès, les Nations unies demeurent préoccupées par la persistance des crises sécuritaires. L’organisation a particulièrement insisté sur les conséquences du conflit au Soudan qui affectent directement plusieurs pays voisins, notamment dans la région des Grands Lacs ainsi qu’à l’est et au nord du Tchad. Selon les chiffres présentés devant le Conseil de sécurité, près de 900 000 réfugiés soudanais sont actuellement accueillis sur le territoire tchadien, tandis qu’environ 300 000 ressortissants tchadiens ont regagné leur pays. Cette pression démographique met à rude épreuve les ressources disponibles, les infrastructures et les services sociaux, au risque d’accentuer les tensions au sein des communautés d’accueil.
L’ONU a également attiré l’attention sur la poursuite des attaques perpétrées par Boko Haram et d’autres groupes armés dans certaines zones du Tchad et du Cameroun. Pour l’organisation, une réponse exclusivement militaire ne suffira pas à garantir une paix durable. Elle plaide en faveur d’une approche plus globale associant développement économique, création d’opportunités pour les populations locales et renforcement de la cohésion sociale. Les banques multilatérales de développement et les partenaires internationaux sont ainsi appelés à accroître leur soutien aux programmes de stabilisation.
Sur le plan politique, les Nations unies ont regretté le rétrécissement progressif de l’espace civique dans plusieurs pays de la sous-région. Le Cameroun, le Gabon et la République démocratique du Congo figurent parmi les États où les restrictions des droits civils et politiques continuent de susciter des inquiétudes. À ces défis s’ajoute la menace sanitaire persistante liée à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, qui demeure l’une des principales préoccupations humanitaires de la région.
À travers cette réunion, le Conseil de sécurité a réaffirmé la nécessité d’une approche intégrée associant sécurité, gouvernance démocratique, développement économique et action humanitaire. Pour les Nations unies, seule une mobilisation coordonnée des États, des organisations régionales et des partenaires internationaux permettra de répondre efficacement aux défis qui continuent de fragiliser l’Afrique centrale.
Samuel Richard KAKPO
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