Huit syndicats appellent les agents de la fonction publique à une journée de grève unitaire ce mardi 29 septembre, deux jours avant la présentation du budget de la Sécurité sociale. Le pouvoir d’achat et les conditions de travail sont au cœur de la mobilisation.
La CGT recense plus de 170 manifestations sur tout le territoire et promet une « journée noire ». Les autorités attendent entre 20 000 et 40 000 manifestants, hors pompiers. Le premier syndicat des enseignants des écoles primaires prévoit 40 % de grévistes chez les professeurs des écoles. Les réseaux SNCF et RATP ne devraient être que ponctuellement perturbés.
Le gel du point d’indice, principale pomme de discorde
Les syndicats dénoncent le gel annoncé du point d’indice pour l’an prochain, alors que le gouvernement cherche à dégager 54 milliards d’euros d’économies. Depuis 2017, ce point n’a été revalorisé que de 5 %, contre une inflation cumulée de plus de 24 % selon l’Insee.
Sylvie Aébischer, co-secrétaire générale de l’UFSE-CGT, chiffre à 15,62 % la perte de pouvoir d’achat depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, soit environ 100 euros par mois pour un agent de catégorie C. Elle évoque « une vraie colère » qui s’exprime d’abord sur la question salariale, avant les revendications sur les moyens des services publics.
Les infirmiers en première ligne
Les personnels hospitaliers seront particulièrement mobilisés. Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers, pointe un sous-effectif chronique qui se traduit par des erreurs de soins et une durée d’hospitalisation allongée. Il relève aussi une rémunération inférieure de 10 % à la moyenne européenne, qui pousse de jeunes infirmiers à partir travailler en Suisse ou au Luxembourg, où les salaires bruts sont deux à trois fois supérieurs.
Un test avant la présidentielle
Cette mobilisation, la première du genre depuis deux ans, intervient alors que la campagne présidentielle a démarré. La CFDT fonction publique espère peser sur les arbitrages du gouvernement et alerter les candidats sur le « fonctionnaire bashing ». Une nouvelle journée d’action, cette fois contre la hausse du coût des carburants, pourrait avoir lieu le 17 octobre.

