Le gouvernement espagnol a annoncé mardi 29 septembre la suspension des expulsions de logements jusqu’en 2030 et le renouvellement automatique des contrats de location, pour endiguer la crise du logement en pleine contestation sociale.
Ces mesures, dévoilées sur X par la ministre de la Santé Mónica García Gómez à l’issue d’âpres négociations au sein de la coalition, s’inscrivent dans deux textes qui doivent encore être votés au Parlement, où le gouvernement de Pedro Sánchez ne dispose pas de majorité.
Fonds vautours et locations touristiques dans le viseur
L’exécutif prévoit également l’interdiction pour les fonds vautours d’acheter des logements, ainsi que l’encadrement des locations saisonnières et des locations de chambres, a précisé la ministre. Ces fonds d’investissement et les plateformes comme Airbnb sont accusés par les manifestants de faire grimper les prix en réduisant l’offre de logements disponibles.
Sur X, le ministre de la Présidence Félix Bolaños a salué un « grand jour pour les locataires et les petits propriétaires », qu’il a qualifié de mauvais jour pour les spéculateurs.
Le « décret Maricarmen »
Ces mesures, qui doivent être détaillées à la mi-journée lors d’une conférence de presse, portent le nom de « décret Maricarmen », en référence à cette Madrilène de 87 ans expulsée mercredi dernier de son logement occupé depuis 70 ans, après son rachat par une société immobilière. Cette expulsion avait provoqué une vague d’indignation et relancé le débat sur la crise du logement, à l’approche des législatives de 2027.
Des manifestants occupent la Puerta del Sol
Depuis samedi, plusieurs centaines de manifestants occupent une partie de la Puerta del Sol, à Madrid, pour dénoncer la spéculation immobilière. Le syndicat des locataires espagnols réclamait notamment la mise en place de contrats de location à durée indéterminée. Sa porte-parole Alicia del Río a salué depuis la place « cette victoire du pouvoir populaire », tout en disant attendre le texte concret des mesures.

