
Donald Trump mise sur le pétrole et son désormais célèbre slogan « Drill, baby, drill ». Mais en Afrique, la dynamique énergétique pourrait prendre une autre direction. La hausse du coût des hydrocarbures et la baisse spectaculaire du prix des équipements solaires chinois accélèrent le développement des énergies renouvelables sur le continent, au risque de réduire progressivement la place du pétrole.
Le solaire africain accélère
Les capacités solaires installées en Afrique ont bondi de 54 % en 2025, avec 4,5 gigawatts supplémentaires. Une progression favorisée par la baisse des prix des panneaux photovoltaïques et des batteries fabriqués en Chine.
Pour de nombreux pays africains, l’enjeu est double : limiter la dépendance aux hydrocarbures importés et améliorer l’accès à l’électricité. La compétitivité croissante des équipements chinois rend cette transition de plus en plus accessible.
Le phénomène est particulièrement visible dans les pays confrontés aux défaillances de leurs réseaux électriques.
Au Nigeria, les générateurs coûtent cher
Le Nigeria illustre cette situation. Dans le pays le plus peuplé d’Afrique, le réseau électrique ne fournit en moyenne que quelques heures d’électricité par jour. Pour pallier ces coupures, quelque 22 millions de générateurs fonctionnent au diesel ou à l’essence.
Cette dépendance représente une facture estimée à 12 milliards de dollars par an. Dans ce contexte, les installations solaires apparaissent comme une solution économique pour les ménages et les entreprises, en plus de leur intérêt environnemental.
La baisse du coût des panneaux et des batteries chinois renforce encore leur attractivité.
Pékin ne vend pas seulement des panneaux
La stratégie chinoise va toutefois bien au-delà de l’exportation d’équipements. Pékin participe également au financement et à la construction de grandes infrastructures énergétiques sur le continent, notamment des barrages, des parcs éoliens et des centrales solaires.
De l’Égypte à l’Afrique du Sud, les entreprises chinoises sont présentes sur plusieurs projets majeurs. Au Maroc, la Chine investit également dans la production de batteries destinées notamment au développement de la mobilité électrique.
Cette présence permet à Pékin de s’inscrire sur l’ensemble de la chaîne de la transition énergétique africaine, de la production d’équipements jusqu’aux infrastructures.
Le pari pétrolier de Trump face à la transition africaine
Cette évolution crée un paradoxe pour Washington. Alors que Donald Trump défend une augmentation de la production pétrolière américaine, la Chine contribue à fournir à l’Afrique les équipements et les infrastructures susceptibles de réduire sa consommation d’hydrocarbures.
À mesure que le solaire et le stockage deviennent plus compétitifs, certains marchés africains pourraient donc être moins dépendants du pétrole pour produire leur électricité.
Pour les États-Unis, l’enjeu dépasse ainsi la seule concurrence commerciale avec la Chine. Si la demande africaine d’hydrocarbures ralentit au moment où l’offre mondiale augmente, le risque d’une surproduction et d’une baisse des prix pourrait également se renforcer.
En Afrique, la bataille énergétique pourrait donc se jouer autant sur le prix du baril que sur celui des panneaux solaires et des batteries.
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