
Près de cinq mois après leur dernière rencontre près de Montreux, le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’AFC/M23 ont repris cette semaine leurs discussions en Suisse. Pendant près de sept jours, les deux parties ont tenté de remettre sur les rails un processus de paix en difficulté, alors que les combats se poursuivent dans l’est de la RDC. Un communiqué conjoint est attendu ce samedi 22 août.
Un mécanisme de suivi au cœur des discussions
Le principal résultat de cette nouvelle rencontre concerne la mise en place d’un mécanisme destiné à suivre l’application de l’accord-cadre de Doha, selon des sources proches des discussions.
Aucun nouveau protocole n’a toutefois été négocié au cours de cette semaine d’échanges. Les discussions ont principalement porté sur la manière de mieux assurer le suivi des engagements déjà pris dans le cadre du processus de paix.
À ce jour, seuls deux des huit protocoles prévus par l’accord-cadre de Doha ont été examinés. Cette nouvelle rencontre, organisée sous la forme d’une « retraite », devait notamment permettre aux différentes parties de prendre du recul et de clarifier les prochaines étapes du processus.
RDC-AFC/M23 : plusieurs acteurs autour de la table
Les discussions ont réuni les représentants du gouvernement congolais et de l’AFC/M23, mais également plusieurs acteurs impliqués dans l’accompagnement du processus de paix.
Le Qatar, l’Union africaine, les États-Unis, le Togo et la Suisse, pays hôte de la rencontre, ont participé aux échanges.
La question du rôle de chacun a occupé une place importante dans les discussions. Les participants ont notamment cherché à préciser les responsabilités respectives des différents acteurs : facilitation, médiation ou accompagnement du processus.
Les États-Unis étaient représentés par un nouveau délégué, appelé à prendre part pour la première fois à ces discussions en remplacement de son prédécesseur.
Sanctions et prisonniers parmi les dossiers sensibles
Les négociations ont également abordé plusieurs sujets susceptibles de compliquer la mise en œuvre du processus de paix.
Parmi eux figurent les dernières sanctions, qui ont ciblé uniquement l’AFC/M23, ainsi que la question des prisonniers.
Sur les quinze détenus récemment remis à l’AFC/M23, seuls neuf apparaissent sur la liste d’environ 800 noms que le mouvement avait initialement communiquée.
Cette question de la libération des prisonniers reste ainsi l’un des dossiers sensibles du processus, alors que les deux parties cherchent à instaurer un cadre de suivi des engagements.
Un processus de paix toujours sous tension
Cette nouvelle rencontre intervient alors que le processus de paix peine à avancer et que les affrontements se poursuivent dans l’est de la RDC.
Après près d’une semaine de discussions à huis clos, aucun nouvel accord n’a donc été annoncé. L’objectif affiché semble plutôt être de consolider le cadre existant et d’améliorer le suivi des engagements déjà pris.
Le communiqué conjoint attendu le 22 août devrait permettre de préciser les conclusions de cette rencontre et les prochaines étapes du processus.
Pour Kinshasa comme pour l’AFC/M23, l’enjeu reste désormais de transformer les engagements diplomatiques en avancées concrètes sur le terrain.
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