
L’Espagne a entamé, jeudi 29 octobre, trois jours de deuil national après la collision entre deux trains à grande vitesse près d’Urda, dans la province de Tolède, qui a fait au moins 68 morts et plus d’une centaine de blessés. Alors que l’identification des victimes se poursuit, l’enquête tente de déterminer les causes de cette catastrophe, survenue moins d’un an après deux autres accidents ferroviaires mortels.
Le bilan s’établissait à au moins 68 morts et 108 blessés, selon les dernières informations communiquées jeudi matin. Plusieurs personnes étaient également portées disparues et les autorités n’excluaient pas une aggravation du bilan.
La Garde civile a ouvert quatre points d’accueil à Madrid, Tolède, Séville et Cordoue pour permettre aux familles de signaler les disparitions et de fournir des échantillons d’ADN destinés à faciliter l’identification des victimes. Les dispositifs d’accompagnement psychologique ont également été mobilisés pour soutenir les proches.
À Urda, commune où s’est produite la collision, la population est sous le choc. Une habitante bénévole interrogée par RFI a évoqué le sentiment de chaos et l’incompréhension face à la répétition des accidents ferroviaires dans le pays.
Une enquête centrée sur la signalisation
L’accident s’est produit mercredi matin lorsqu’un train de la compagnie nationale Renfe a percuté un train Iryo immobilisé sur les voies. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a indiqué qu’une panne du système de signalisation avait entraîné l’arrêt automatique de six trains présents dans la zone, dont les deux convois impliqués.
Quelques minutes plus tard, le centre de contrôle aurait ordonné au train Renfe de reprendre sa marche. Selon le ministre, cette décision était « erronée » et « inexplicable ». Le train aurait parcouru 25 kilomètres en un quart d’heure avant de heurter le convoi Iryo, resté à l’arrêt. Les circonstances précises de la collision restent à établir.
Le gouvernement de Pedro Sánchez fait désormais face à des critiques sur la gestion et la sécurité du réseau ferroviaire. Le ministre des Transports a notamment souligné que le centre de contrôle disposait de temps pour vérifier la décision et corriger l’erreur présumée.
La sécurité du réseau remise en question
Cette catastrophe est le troisième accident ferroviaire mortel recensé en Espagne en moins d’un an. En janvier, une collision à Adamuz, dans la province de Cordoue, avait fait 46 morts. Un autre accident survenu à Gelida, près de Barcelone, avait coûté la vie à un cheminot.
La répétition de ces drames relance les interrogations sur les conditions d’exploitation du réseau espagnol, notamment l’augmentation du nombre de trains, les moyens consacrés à l’entretien des infrastructures et les effectifs disponibles.
L’Espagne dispose du réseau ferroviaire à grande vitesse le plus étendu de l’Union européenne, avec près de 4 000 kilomètres de voies reliant plus de 50 villes. Selon les chiffres de la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC), plus de 44 millions de voyageurs ont emprunté les trains à grande vitesse espagnols en 2025, soit deux fois plus qu’en 2019.
Les investissements dans le secteur ont augmenté ces dernières années, après les réductions budgétaires opérées sous le gouvernement de Mariano Rajoy. Ils restent toutefois, selon les éléments rapportés par RFI, proches de leur niveau d’il y a vingt ans. Des experts cités par le média soulignent notamment la nécessité de renforcer l’entretien des voies et de disposer de davantage de personnel qualifié.
Alors que les investigations se poursuivent, les autorités devront déterminer les responsabilités dans la collision d’Urda et préciser les éventuels dysfonctionnements ayant contribué au drame.
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