
Le Liberia va accueillir jusqu’à 1 200 personnes expulsées des États-Unis dans les douze prochains mois. Le gouvernement libérien a annoncé mardi 18 août 2026 son accord pour recevoir des ressortissants étrangers concernés par la nouvelle politique d’expulsions de l’administration de Donald Trump.
Les 20 premiers expulsés sont attendus jeudi 20 août au Liberia, selon les autorités. Une fois sur place, ils pourront quitter librement le pays ou, s’ils remplissent les conditions requises, demander l’asile.
« Le Liberia a l’intention d’accepter jusqu’à 1 200 personnes qui seront transférées depuis les États-Unis d’ici un an », a indiqué le gouvernement dans un communiqué.
Un accord présenté comme humanitaire
Monrovia assure que cette décision ne résulte pas d’un accord financier avec Washington.
Les autorités libériennes affirment n’avoir ni demandé ni reçu de compensation ou de promesse de récompense en échange de l’accueil de ces personnes.
Le Liberia devrait néanmoins bénéficier d’un soutien destiné à faciliter la gestion du programme et à renforcer plus largement son système migratoire.
Le gouvernement présente ainsi cette coopération avec les États-Unis comme un partenariat à caractère « entièrement humanitaire ».
Kilmar Abrego Garcia pourrait être concerné
Selon le New York Times, l’administration Trump souhaiterait notamment transférer au Liberia Kilmar Abrego Garcia, ressortissant salvadorien devenu l’un des symboles de la politique migratoire américaine.
Son cas avait suscité une importante controverse après son expulsion vers le Salvador, alors qu’il aurait dû bénéficier d’une protection contre son renvoi. Il avait ensuite été ramené aux États-Unis.
Washington n’avait pas immédiatement réagi à l’annonce de Monrovia.
Washington multiplie les accords avec des pays tiers
L’accord avec le Liberia s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration américaine visant à expulser des personnes vers des pays autres que leur pays d’origine.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Washington cherche à augmenter le nombre d’expulsions et explore des accords avec des États tiers susceptibles d’accueillir les personnes concernées.
En Afrique, plusieurs pays ont déjà été associés à ce dispositif, notamment le Ghana et la Guinée équatoriale, devenus des destinations ou des points de transit pour certains expulsés.
Selon une enquête de l’AFP, les États-Unis auraient proposé à certains pays des accords financiers de plusieurs millions de dollars, tout en évoquant également des restrictions de visas afin de favoriser leur coopération.
Le Liberia affirme ne pas avoir été payé
Monrovia tient toutefois à distinguer son accord de ces arrangements.
Le gouvernement libérien insiste sur le caractère humanitaire de la coopération et affirme que le pays ne reçoit pas de paiement en échange de l’accueil des expulsés.
Cette décision place néanmoins le Liberia au cœur d’un nouveau modèle de politique migratoire américaine, dans lequel des pays tiers deviennent des destinations pour des personnes que Washington ne souhaite plus maintenir sur son territoire.
Avec l’arrivée des premiers expulsés prévue dès le 20 août, le dispositif va désormais entrer dans sa phase concrète.
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