
Cinq ans après la recommandation du premier vaccin antipaludique par l’OMS, la lutte contre le paludisme en Afrique enregistre des résultats encourageants. Le vaccin RTS,S contribue notamment à réduire la mortalité des jeunes enfants, même si le continent reste de loin le plus touché par la maladie.
Recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé en octobre 2021 contre le Plasmodium falciparum, le parasite responsable de la forme la plus meurtrière du paludisme, le RTS,S est désormais intégré aux programmes de vaccination dans 25 pays africains. Plus de 10 millions d’enfants sont ciblés chaque année.
Selon le World Malaria Report 2025 de l’OMS, l’élargissement des outils de prévention, notamment les vaccins antipaludiques, a contribué à éviter plus de 170 millions de cas de paludisme et environ un million de décès dans le monde en 2024. L’Afrique concentre toutefois plus de 90 % des cas et des décès liés à la maladie.
Une baisse de la mortalité chez les enfants
Les premiers résultats observés sur le terrain viennent renforcer les espoirs placés dans le RTS,S. Une étude publiée en mai 2026 dans The Lancet, menée au Ghana, au Kenya et au Malawi, a évalué l’impact du vaccin sur une période de 46 mois.
Les chercheurs ont constaté une baisse significative de la mortalité chez les jeunes enfants dans les zones où le vaccin a été introduit. Environ un décès sur huit aurait ainsi été évité, selon les résultats de l’étude.
D’autres avancées sont également à souligner. L’OMS a préqualifié en avril 2026 le premier traitement antipaludique spécialement conçu pour les nouveau-nés et les jeunes nourrissons, une population particulièrement vulnérable dans les régions où la maladie est endémique.
L’Afrique compte par ailleurs quatre pays certifiés exempts de paludisme par l’OMS : l’Algérie, Maurice, le Cabo Verde et l’Égypte.
Le paludisme reste un défi majeur
Malgré ces progrès, la maladie continue de faire des centaines de milliers de victimes sur le continent. En 2024, environ 579 000 décès liés au paludisme ont été enregistrés en Afrique. Les enfants de moins de cinq ans représentaient près des trois quarts de ces décès.
À ces difficultés s’ajoute l’expansion de nouveaux vecteurs, notamment Anopheles stephensi. Originaire d’Asie du Sud, ce moustique a été détecté en Afrique à partir de 2012, d’abord à Djibouti, avant d’être signalé dans plusieurs autres pays.
Sa capacité à s’adapter aux environnements urbains inquiète particulièrement les spécialistes. Il peut notamment se reproduire dans des réservoirs artificiels d’eau et résister aux températures élevées de la saison sèche.
Son expansion, combinée à l’urbanisation rapide du continent, pourrait ainsi exposer plus de 120 millions d’Africains supplémentaires au risque de paludisme.
À l’occasion de la Journée mondiale du moustique, les avancées liées au vaccin RTS,S constituent donc un motif d’espoir. Mais face à l’ampleur persistante de la maladie et à l’apparition de nouveaux défis, la prévention, la vaccination et la surveillance des moustiques restent essentielles.
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