Près de 78 000 ressortissants zimbabwéens ont quitté l’Afrique du Sud en quelques semaines sur fond de tensions croissantes contre les migrants étrangers. Selon les autorités de Harare, plus de 21 000 personnes ont été rapatriées officiellement, tandis que des dizaines de milliers d’autres ont regagné leur pays par leurs propres moyens. Cette nouvelle crise migratoire intervient dans un contexte marqué par des violences xénophobes et des difficultés économiques persistantes en Afrique australe.
Près de 78 000 Zimbabwéens ont quitté l’Afrique du Sud depuis le début de la récente flambée de violences visant les migrants en situation irrégulière, ont annoncé les autorités de Harare mardi 7 juillet. Le gouvernement zimbabwéen affirme suivre activement le mouvement de retour de ses ressortissants, provoqué par un climat d’insécurité grandissant dans plusieurs régions sud-africaines.
Selon le ministère zimbabwéen de l’Information, 21 300 citoyens ont été rapatriés grâce à une assistance officielle du gouvernement, tandis que 56 830 autres ont regagné le Zimbabwe de manière indépendante. Ces départs massifs illustrent l’ampleur de la crise migratoire qui touche actuellement l’Afrique du Sud, où les tensions autour de la présence étrangère se sont intensifiées ces dernières semaines.
Le principal point de passage entre les deux pays, le poste-frontière de Beitbridge, concentre une grande partie de cette crise. Les autorités sud-africaines estiment qu’environ 45 000 migrants ont franchi cette frontière depuis le 7 juin. Des milliers de personnes ont cependant été confrontées à de longues attentes en raison de l’affluence exceptionnelle et de problèmes liés aux documents administratifs.
Face à cette situation, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ont mis en place des mécanismes de coordination interministérielle afin de faciliter les passages et d’organiser les retours. En parallèle, près de 1 500 personnes ont également traversé la frontière terrestre vers le Mozambique.
Cette vague de départs concerne également d’autres pays africains. Le Malawi a annoncé avoir rapatrié environ 22 000 ressortissants, tandis que le Ghana a permis le retour de près de 900 personnes. Le Nigeria affirme avoir évacué environ 900 citoyens, alors que l’Ouganda indique avoir organisé le rapatriement d’environ 560 ressortissants.
L’exode intervient après des appels lancés par certains groupes exigeant le départ des immigrés en situation irrégulière avant le 30 juin. Ces revendications ont provoqué des troubles dans plusieurs régions sud-africaines, entraînant la mort d’au moins quatre étrangers, selon la police : deux Mozambicains, un Éthiopien et un Malawien.
Depuis plusieurs décennies, l’Afrique du Sud attire des populations venues d’autres pays africains à la recherche d’emplois et de meilleures conditions économiques. Mais dans un pays où le chômage avoisine 33 %, certains mouvements accusent les migrants d’occuper des emplois qui devraient revenir aux citoyens sud-africains.
Cette nouvelle crise ravive le débat sur la gestion de l’immigration dans la première puissance économique du continent. Entre difficultés économiques, frustrations sociales et montée des discours hostiles aux étrangers, le départ massif des Zimbabwéens met en évidence les fragilités des équilibres migratoires en Afrique australe.
Samuel Richard KAKPO
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