
Amnesty International dresse un constat critique de la situation des droits humains au Bénin en 2025. Dans son rapport annuel 2026, présenté par Dieudonné Dagbéto, à travers une conférence de presse à Cotonou le 21 avril, l’organisation met en avant une série de restrictions affectant les libertés fondamentales.
Le bilan reste préoccupant sur les questions de Droits humains. Liberté d’expression encadrée, manifestations entravées, détentions prolongées et dégradation sécuritaire dans le nord ; le document décrit une année marquée par des tensions persistantes. Le rapport souligne une restriction continue de la liberté d’expression. Plusieurs organes de presse ont été suspendus au cours de l’année.
Le journal Le Patriote a été suspendu en janvier après un éditorial critique, avant que la mesure ne soit levée en mai. De son côté, Bénin Web TV a été suspendu entre mars et mai, tandis que son directeur général a perdu sa carte de presse pour diffusion d’« informations inexactes ». Des poursuites ont également visé des journalistes et acteurs politiques. Julien Kandé Kansou a été arrêté en juin pour « harcèlement par communication électronique » et « publication de fausses nouvelles ». Le journaliste Comlan Hugues Sossoukpè a été interpellé à Abidjan avant d’être extradé vers le Bénin, où il a été inculpé pour plusieurs chefs, dont « incitation à la rébellion ». Son collaborateur Ali Moumouni a également été arrêté. D’autres cas sont mentionnés, notamment ceux de Cosme Hounsa et Olivier Allochémé, illustrant une judiciarisation accrue des prises de parole publiques, parfois sur la base des dispositions du Code du numérique.

La liberté de réunion pacifique a également été affectée. Le parti d’opposition Les Démocrates a dénoncé, en mars, des interdictions répétées de manifestations et des dispersions jugées violentes dans plusieurs villes. Selon le rapport, ces limitations s’inscrivent dans un climat politique tendu, où l’exercice du droit de manifester demeure encadré.
Le rapport met en lumière la détérioration de la situation sécuritaire dans le nord du pays. Entre janvier et octobre 2025, des attaques attribuées notamment au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, ont causé la mort d’au moins 82 soldats. Ces violences ont entraîné une hausse significative du nombre de personnes déplacées, accentuant la pression humanitaire dans ces zones.
Amnesty International pointe également les conditions de détention comme un sujet de préoccupation majeur. Le recours fréquent à la détention provisoire est dénoncé, notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste. Le rapport évoque des cas de détentions sans inculpation formelle, une surpopulation carcérale persistante, des conditions sanitaires dégradées et un accès limité aux soins. Une cinquantaine de personnes ont ainsi été placées en détention provisoire après une tentative de coup d’État déjouée en décembre.
Expulsions forcées : des milliers de familles en attente de compensation
Enfin, la question des expulsions forcées reste sensible. À Cotonou, notamment dans le quartier de Fiyégnon 1, plus de 3 000 personnes ont été expulsées depuis 2021 sans indemnisation complète.
Malgré un appel lancé en février pour recenser les victimes, de nombreuses familles attendent toujours une compensation adéquate.
Une année 2025 sous tension
Entre restrictions des libertés publiques, défis sécuritaires et fragilités sociales, le rapport met en évidence une accumulation de tensions au Bénin. Pour Amnesty International, ces dynamiques soulignent la nécessité de renforcer les garanties institutionnelles afin de préserver les droits fondamentaux dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires et politiques croissants.
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